Plusieurs maladies des abeilles peuvent justifier d'effectuer un transvasement de la colonie, d'une ruche infesté vers une ruche saine. La loque américaine étant la pire de toutes les maladies. Le transvasement peut aussi être utilisé comme moyen de lutte contre le varroa puisque à cette occasion on supprime le couvain.

Remarques préalables  

Il est question ici du transvasement sanitaire. On prend donc beaucoup de précautions pour ne pas disséminer la maladie. Il est possible d'utiliser cette technique avec un seul transvasement et en prenant moins de précautions. Mais le fait de prendre quelques précautions de trop ne nuit pas !

On peut aussi pratiquer des transvasements sanitaires préventifs. C'est-à-dire sans attendre que la maladie soit détectée.

Le transvasement d'une colonie faible est souvent du temps perdu car la colonie ne pourra pas se reconstituer même dans un environnement sain et périra durant l'hiver.

Après chacune des opérations décrites ci-dessous il est fondamental de bien nettoyer tout le matériel utilisé tel que les gants et le lève cadres mais aussi la tenue de protection et les chaussures.
Rappel : l'usage de la balayette est interdit durant un transvasement sanitaire.

Préparatifs  

La configuration idéale pour un transvasement sanitaire est de pouvoir exiler la ruche à transvaser à plus de 3 km de son rucher d'origine, et à un endroit où il n'y a pas d'autres ruches. Ceci évitera pillage, dérive et dissémination des spores par le vent. On effectuera le transvasement après un minimum de 3 ou 4 jours d'exil.

Si on ne peut pas isoler la ruche à transvaser il faudra agir dés la veille au soir du transvasement en séquestrant toutes les colonies du rucher. On évitera ainsi pillage et dérive durant le transvasement.

Premier transvasement  

La ruche à transférer est dont soit exilée depuis 4 jours à plus de 3 km de son rucher d'origine, soit tout le rucher est sous séquestre depuis la veille au soir, y compris la ruche à transvaser.

On commence par déplacer la ruche à transvaser de deux bons mètres, et on la tourne face à son ancien emplacement. Si on le peut on positionnera la ruche contaminée sous le vent de son emplacement d'origine. Ceci évitera que des spores soient portées par le vent vers la ruche neuve quand on manipulera les rayons de la ruche contaminée.

Il faut créer une distance suffisante entre les deux ruches pour 2 raisons :
1) Cela minimise le transfert de spores par voie aérienne.
2) Cela évite que les butineuses hésitent entre les 2 ruches.
Une distance d‘un mètre est insuffisante.

Le positionnement sous le vent aidera aussi à la diffusion des l'hormone de Nassanov quand les butineuse battront le rappel.

Ensuite, à l'emplacement libéré, on installe tout un nouvel ensemble propre : support, fond, ruche, toit. La nouvelle ruche est vide, sans rayons ni feuille de cire. Cette absence de cire est sans rapport avec la méthode Warré. Le but est que la reine ne puisse pas pondre trop rapidement, sinon les spores encore présentes trouveraient un milieu propice pour reprendre leur activité.

Le toit de cette nouvelle ruche est fermé et le restera. Seule l'entrée du bas est ouverte.

Au sol, entre les deux ruches, on installe un chemin fait de papier journal ou de tissu. Puis on ouvre l'entrée de la ruche contenant les abeilles. Les butineuses vont sortir, faire quelques boucles puis revenir à leur emplacement qui est maintenant occupé par la ruche neuve.

Quand les choses se sont calmées, et que les butineuses battent le rappel depuis la planche d'envol de la nouvelle ruche, on ouvre le toit de la ruche d'origine et on incite les abeilles à la quitter. Dans le cas d'une ruche victime d'une maladie du couvain les effectifs de jeunes abeilles sont faibles. Si elles ne sortent pas d'elles même on les déposera sur le chemin entre les deux ruches. Si on voit la reine on peut aller la déposer directement sur la planche d'envol de la nouvelle ruche.

Les butineuses qui battent le rappel risqueraient d'attirer les butineuses des autres ruches du rucher, créant ainsi une dérive artificielle. C'est une des raisons pour la quelle on séquestre les autres ruches.

  • En aucun cas on ne secouera les vieux rayons au dessus de la nouvelle ruche (qui d'ailleurs doit toujours avoir le toit fermé)
  • Ceux qui pensent que la fumée incite les abeilles à se gorger de miel, ne feront pas usage de l'enfumoir. Le but étant d'éviter qu'elles n'emportent du miel contaminé.
  • On ne fera pas usage de la balayette au risque de pulvériser des spores aux quatre vents, surtout si on est au milieu du rucher.

Une fois la ruche d'origine vide on emballe soigneusement tout son contenu (cadre, cire, miel, couvain) et on ira l'incinérer loin de tout ruchers. Quand à la ruche (fond, hausse, toit), si son état le justifie, on la nettoiera avec beaucoup de soins (grattage + soude à chaud + flamme) sinon on l'incinérera avec le reste.

* Si vous comptez vous arrêter a cette étape il faudra nourrir comme pour un essaim. En cas de loque ce sera l'occasion ou jamais d'inclure un antibiotique dans le nourrissement.

Toilettage 

Vous pouvez maintenant inciter les abeilles à se toiletter. Pour cela il faudra revenir le soir pour séquestrer à nouveau la colonie dans sa nouvelle ruche et les asperger d'eau sucrée (sans les noyer !) puis revenir 48h plus tard pour les libérer.

Après ces deux jours enfermés en n'ayant rien à faire, et pas d'autres moyens de se nourrir que de se lécher, les abeilles seront propres. Beaucoup de spores de loque presentes sur leurs cuticule seront passées dans leurs intestins qu'elles videront en dehors de la ruche à l'occasion d'un vol de propreté.

* On peut s'arrêter là et nourrir la colonie comme pour un essaim avec éventuellement un antibiotique dans ce nourissement.
Mais Les plus courageux feront un deuxième transvasement.

Deuxième transvasement  

Le deuxième transvasement est à faire quand vous reveindrez après les 2 jours de toilettage.
Il suffit de procéder comme pour le premier transvasement. Mais les choses sont moins risquées :
- Les abeilles sont déjà séquestrées, et elles sont plus propres.
- La ruche d'origine est relativement propre et quasiment sans rayons
- En trois jours elles n'ont pas construit grand-chose, mais il faudra tout de même s'en débarrasser.
Un nettoyage à la soude puis un passage à la flamme de la ruche intermédiaire suffira.

A la fin de ce deuxième transvasement on nourrira la colonie comme un essaim avec éventuellement un antibiotique dans ce nourissement.

Conclusion  

Ce transvasement sanitaire en trois étapes (premier transvasement, toilettage, deuxième transvasement), demande beaucoup de minutie et de temps. Pourtant rien ne vous garantie une désinfection à 100%.

On est ici dans la même situation que le personnel hospitalier qui lutte contre les maladies nosocomiales. Tout est affaire de détails, et les échecs sont toujours dus à des détails.

A vous d'adapter ces opérations à votre situation tout en préservant le souci du détail.

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(mis à jour: 23/Avr/2010 22:13) Testé avec : Firefox 3 | Google Chrome 4 | Internet Explorer 8

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