Le rucher est le lieu où l'on regroupe plusieurs ruches. De quelques unes jusqu'à plusieurs dizaines. Trouver cet emplacement est une étape incontournable qu'il faut entreprendre au plus tôt. Si vous avez la chance d'avoir le choix vous pourrez vous permettre de faire le difficile !
TROUVER UN EMPLACEMENT
Si vous ne possédez pas de terrain adapté vous allez devoir trouver une personne qui vous prêtera quelques dizaines de mètres carré pour installer vos ruches. Plusieurs voies s'ouvrent à vous pour trouver cette âme charitable
- Le bouche à oreilles et les amis.
- Petites annonces
- dans la presse grand public, agricole et apicole.
- dans les syndicats et magasins agricole et apicole de la région.
- dans les mairies.
- Le porte à porte. En vous promenant repérez les lieux qui vous semblent propices (plantes mellifères, orientation ...). Puis faites du porte à porte dans ce secteur afin de trouver les propriétaires.
Certains agriculteurs savent apprécier la présence d'abeilles pour la pollinisation de leurs cultures maraîchères ou fruitières.
TRUC : Pour avoir une vision globale de l'environnement d'un site je vous
conseille de le visualiser avec google earth (ou google map) ou avec le géo
portail de l'IGN (souvent plus détaillé que google, surtout pour les zones
de campagne). Vous verrez les habitations, les cours d'eau, les voies de
circulation, et vous pourrez apprécier les types de végétations (foret,
prairie, culture …). Personnellement je ne prends en compte que ce qu'il y a
dans un rayon de 800 mètres (ce qui représente 200 hectares). Si les
abeilles ont à aller au-delà ce n'est pas bon.
NB : Les abeilles ne traversent pas les rivières pour aller butiner sur
l'autre rive.
ATTENTION : Il est tentant de mettre sa première ruche dans son jardin. Même
si on le fait en respectant la législation il faut être très prudent pour
deux raisons :
- Les abeilles repéreront vite la cuisine, et l'apéro ou le
gouter sur la terrasse.
- Quand on ouvre une ruche (comme le jour de la récolte) la pagaille
qui s'en suit peut largement dépasser les distances réglementaires.
LE PRIX
Pour un petit nombre de ruches la coutume veut que chaque ruche rapporte 1 kilo de miel au propriétaire du terrain. A partir de 20 kg de miel il faudra éventuellement trouver une autre méthode de rétribution.
Il m'est arrivé de proposer au propriétaire du terrain de l'aider dans certains travaux d'entretien qui concerné plus ou moins directement le rucher.
LA LOI & L'ESPRIT DE LA LOI
Avant tout vérifier la législation en vigueur dans le département et/où la
commune ou se situera le rucher. En général la réglementation stipule que
toute ruche doit être à plus de :
- 100 mètres d'établissements à usage collectif (école, hôpitaux, hlm,
caserne, poste, gare ...)
- 20 mètres d'une voie publique
- 20 mètres de toute propriété privé
Sachez que d'avoir respecté la législation ne suffira pas à garder de bonnes relations de voisinage le jour où il y aura un problème. Soyez donc très généreux dans les distances imposées par la législation. Eventuellement prenez contact avec les voisins.
Mettez des panneaux « Attention abeilles » entre le rucher et les chemins.
J'ai refusé un bel emplacement situé à plus de 200 mètres d'un lotissement car il y avait à 80 mètres un terrain vague utilisé par les enfants pour jouer.
Un rucher situé dans un lieu calme est une bonne chose pour tout le monde : les abeilles, le voisinage et l'apiculteur.
INSTALLATION DU RUCHER
On n'a malheureusement pas toujours le choix de l'emplacement, ce qui veut dire qu'il faut parfois faire des compromis sur les conditions idéales. On distinguera ce qui est « bon » pour les abeilles et ce qui est bon pour l'apiculteur.
Bon pour les abeilles
Environnement :
Si on ne pratique pas la transhumance l'environnement du rucher doit être
varié. Attention aux zones de monoculture : Une fois la période de floraison
passée les champs deviennent un désert apicole. Attention aux cultures qui
ne produisent peu, ou pas, de nectar : blé, maïs, vigne.
- La proximité d'un filet d'eau est une bonne chose. Inutile de chercher une
rivière ou un lac. Un petit ruisseau ou une petite marre sont plus que
suffisants.
- Les abeilles craignent bien plus l'humidité que le froid. Eviter les fonds
de vallée, et attention aux zones de brouillard persistant.
Exposition :
Les abeilles vivent au rythme de la météo et du soleil. Il est
important que la ruche ne soit ni toujours à l'ombre ni toujours au soleil.
En général on tourne la sortie des ruches vers le sud ou le sud-est.
- C'est la lumière et la chaleur du soleil qui relance l'activité des
abeilles le matin. Le soir, à cause de l'inertie thermique du sol, c'est
l'absence de lumière qui arrête les abeilles. Il est donc préférable que la
ruche reçoive le soleil tôt le matin plutôt que tard le soir.
- Il faut protéger les ruches des vents dominants, En particulier,
évitez que le vent souffle directement dans la ruche. Pour cela on joue sur
l'orientation et les obstacles naturels.
Calme :
Les abeilles n'aiment pas être dérangées. Il ne faut pas que des branches
d'arbres, de buissons ou des herbes hautes frottent sur les ruches.
- Eviter la proximité d'animaux de fermes (les chevaux en particuliers)
- Eviter la proximité de passage (route, chemin de randonné)
Disposition : Essayer de créer une variété dans les orientations et dispositions des ruches de telles sortes qu'elles soient faciles à identifier par les abeilles, et minimiser ainsi la dérive entre les ruches.
On parle de dérive quand une abeille se trompe de ruche. La dérive participe à l'affaiblissement de la colonie mais surtout à la propagation des maladies.
En cas de proximité (moins de 1 mètre) entre les ruches, on peut jouer sur les couleurs des ruches. Mais attention les abeilles ne sont pas sensibles au rouge : elles ne le distinguent pas du noir. Ceux qui, comme moi, se refusent à peindre leurs ruches, peuvent peindre la tôle du toit. Ou les moellons supportant la ruche.
Bon pour l'apiculteur
Bien sur ce qui est bon pour les abeilles ne peut pas être mauvais pour l'apiculteur qui compte retirer du miel. Par contre ce qui pourrait être bon pour l'apiculteur ne l'est pas forcement pour les abeilles.
Accessibilité : Un endroit accessible avec un véhicule (impératif absolu si on compte faire de la transhumance). Suivant le type de terrain, on peut envisager l'utilisation d'une brouette ou d'un diable sur les dernières dizaines de mètres.
Calme : C'est un bon point pour l'apiculteur aussi car il sait qu'il ne dérangera pas le voisinage même si la situation dégénère.
Proximité : Avoir son (ou ses) rucher pas trop loin de chez soit est toujours appréciable. Facilité d'intervention, faibles coûts en temps et en carburant.
Disposition :
- Il faut disposer les ruches de telle sorte que quand on intervient sur une
on ne gène pas les autres ruches.
- Pour protéger le bois des ruches et éloigner les abeilles de l'humidité du
sol on place les ruches sur des supports type briques ou moellons. (Je ne
suis pas un partisan des poutres communes à plusieurs ruches.)
Les abeilles construisent leurs rayons verticalement. Il est donc préférable
que la ruche soit posée bien à l'horizontale. Sinon les rayons ne seront pas
alignés avec les barrettes (ou les cadres).
- En principe une légère pente vers l'avant évite la stagnation d'eau sur le
plancher. Ce problème n'existe pas avec le
plateau de la ruche populaire
d'Emile Warré.
CONSEILS (à contre courant)
Certains apiculteurs posent leurs ruches sur des poutres, par groupe de 2 a
4 ruches. J'y trouve plusieurs inconvénients :
- Les vibrations d'une ruche sont transmises aux voisines. Ce qui fait
que quand on intervient sur une les autres sont au courant.
- Les intrus (fourmis, souris, lézard) passent plus facilement d'une
ruche à l'autre en suivant les poutres.
- Il est plus difficile pour l'apiculteur de circuler autour de la
ruche.
Je préfère que chaque ruche soit disposée sur son propre support et à plus
d'un mètre de ses voisines. Je pose à même le sol un caillebotis en bois
(50cm x 50xm), puis une paire de brique et enfin le plateau à fond grillagé
de la ruche.
Beaucoup d'apiculteurs peignent leurs ruches, la plus part du temps dans le but de protéger le bois. Je comprends la raison mais je ne trouve pas la solution naturelle. Je préfère huiler l'extérieur de mes ruches avec de l'huile de lin, sans aucun solvant. L'intérieur restant brut.
Il est fréquent de conseiller aux apiculteurs de bien dégager les abords des ruches. Point trop n'en faut ! Certains vont jusqu'à couler des dalles en bêton pour poser les ruches, à tondre la végétation avoisinante comme s'il s'agissait d'une pelouse, et même à éprendre du désherbant !
D'après certains témoignages, les herbes hautes autour de la ruche compliqueraient la vie du frelon asiatique qui attend en vol stationnaire (dos à la ruche) les abeilles qui rentrent à la ruche.
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Charger les commentaires.(mis à jour: 14/Sep/2010 18:33) Testé avec : Firefox 3 | Google Chrome 4 | Internet Explorer 8