CLASSIFICATION
La classification (simplifiée) des abeilles de nos ruches est la suivante :
Classe : Insecte
Ordre : Hyménoptère
Famille : Apidae
Genre : Apis
Espèce : Mellifera
Races : carnica, caucasia, ligusta ...
On compte plus d'une vingtaine de races d'Apis Mellifera. Toutes ces races appartiennent
à la même espèce et sont, par définitions, interfécondes. On peut donc les croiser
afin de renforcer, ou minimiser, certaines caractéristiques. On obtient des abeilles hybrides.
On peut regrouper ces races en trois groupes géographiques :
- Africaines : adansonii, capensis, intermissa, jemenitica, lamarckii, littorea, major, monticola, nubica, sahariensis, scutellata, unicolor
- Européennes : carnica, caucasica, cecropia, cypria, iberica, ligustica, macedonica, meliffera
- Orientales : anatoliaca, armeniaca, meda, syriaca
Ce sont les colons Européens qui ont amené Apis Mellifera dans le nouveau monde. Jusqu'alors les indiens exploitaient le miel d'abeilles de la tribu Meliponidae, genre Melipond. Ces abeilles sont plus petites que Mellifera et n'ont pas de dard. Leur miel est moins abondant et contient plus d'eau (33%). Les Mayas déjà pratiquaient la meliponi-culture. Aujourd'hui encore la meliponiculture existe dans les caraïbes, en Amérique Centrale et du Sud avec les espèces Melipone scutellaris et Melipone subnitida.
Voici un positionement plus juste de Apis Mellifera dans la classification systématique :
Hexapode (six pattes)
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+- Insectes
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3 \\ (3 niveaux masqué: Pterygota, Neotera, Endopterygota)
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+- Coleoptères --> hanneton, scarabés, coccinelles
+- Diptères --> mouches et moustiques
+- Lépidopteres --> papillons et mites
+- Hyménoptères (deux paires d'ailes membraneuses couplées, mâles haploïdes)
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8 +- Apocrita (étranglement prononcé entre le thorax et l'abdomen.)
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10 +- Aculeata (les femelles ont un dard)
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19 +- Chrysidoidea
+- Vespoidea
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| +- Formicidae --> fourmis
| +- Vespidae --> guêpes et frelons
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| 8
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+- Apoidea (se nourrit de nectar et pollen)
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+- Apidae sensu lato
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4 +- Apidae (insectes sociaux a longue langue)
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8 +- Apinae
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2 +- Bombini --> bourdons
+- Euglossini --> abeilles des orchidées
+- Meliponini --> abeilles à miel et sans dard
+- Apini
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15 +- Apis (colonnie permanente et essaimage)
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+- Micrapis (abeille petite)
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| +- Andreniformis
| +- Florea
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+- Megapis (abeille geante)
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| +- Dorsata
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+- Apis
+- Cerana
+- Koschevnikovi
+- Nigrocincta
+- Mellifera
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+- mellifera (la notre !)
+- carnica
+- caucasica
+- ligustica
+- ect...
Hormis Mellifera, les 6 autres especes du genre Apis sont toutes des espèces asiatiques. Apis Mellifera se trouve en Europe et en Afrique et a été introduite sur les continents Américain et Australien. Seules Apis Mellifera et Apis Cerana sont elevées dans des ruches.
Apis Mellifera, la mal nommée
Depuis 1758, et sur proposition du fameux zoologiste et botaniste Suédois Carl Von Linné, le nom scientifique de l'abeille est « Apis Mellifera ». Malheureusement il est erroné car il signifie « qui transporte du miel ». Trois ans plus tard Linné découvre son erreur et la renomme « Apis Mellifeca » c'est à dire « qui fabrique du miel ». Mais pour diverses bonnes raisons, les règles de dénomination spécifient que le nom le plus ancien est celui qui doit toujours être utilisé. Voila pourquoi l'abeille, qui ne transporte pas de miel mais du nectar, continue de s'appeler « Mellifera ».
LE PLUS VIEUX CONTRAT DU MONDE
Il y a 132 millions d'années l'évolution donnait naissance aux plantes à fleurs
(et donc à fruits) : les angiospermes. Ces plantes ont, en grande majorité,
une reproduction sexuée. Certaines fleurs ne présentent que les attributs males
(étamines) d'autre uniquement les attributs femelles (pistil) d'autres ont les
deux (hermaphrodites).
La plus part des angiospermes sont monoïque. C'est-à-dire qu'ils portent des
fleurs des deux sexes sur le même pied, soit sous forme de fleurs hermaphrodites
soit sous forme de fleurs males et de fleurs femelles séparées (Exemple : maïs, noisetier).
Les autres angiospermes (moins de 5%) sont dioïques car, sur un même pied, on
ne trouve que des fleurs males ou que des fleurs femelles (Exemples : Houblon,
Kiwi, Palmier dattier, Saule marsault)
Malgré leur absence de mobilité les plantes angiosperme doivent trouver un moyen pour que leurs gamètes males et femelle se rencontre. Pour que les ovules, situées dans le pistil, soient fécondées il faut qu'elles soient pollenisées. C'est-à-dire il faut qu'elles rencontrent le pollen produit par les étamines. Le vent a été le premier, et continue, a effectuer cette tache (bénévolement), mais de manière trop aléatoire. C'est alors que le plus vieux contrat du monde a été scellé entre les angiospermes et certain animaux et principalement les insectes :
«En échange du transport de mon pollen je te donne mon nectar»
Les ovules ainsi fécondées donneront des fruits contenant des graines. Le transport des graines fera aussi l'objet d'un contrat avec d'autres animaux, même si, dans ce domaine, le vent se montre efficace.
Grace à ce contrat les angiospermes ont colonisé presque toute la planète. L'homme dépend fortement d'eux pour son alimentation (fruits, légumes, céréales), pour l'alimentation des animaux d'élevage (volaille, bétail) mais aussi pour certaines matières premières (bois, bambou, coton, lin) ou dérivés (papier).
DATATION
Des fossiles d'abeilles sont retrouvé un peut partout dans le monde, mais
presque toujours inclus dans de l'ambre. La datation de cet ambre permet
de dater le fossile. La datation certaine la plus ancienne d'un fossile
d'abeille correspond à la fin du Crétacé (environ 65 Millions d'années).
C'est-à-dire au moment de la disparation des grands dinosaures. Cela ne
prouve pas qu'il n'y avait pas d'abeilles avant, mais cela prouve qu'à
cette date elles existaient déja.
D'un autre coté, l'analyse des fossiles d'angiospermes permet d'affirmer que des plantes ayant des fleurs males et femelles séparées existaient il y a environ 112 millions d'année (début du Crétacé). Ces angiospermes nécessitaient donc l'entremise d'agents polinisateurs (mais pas forcement des abeilles)
On peut donc situer l'apparition des abeilles (famille Apidae) entre 112 et 65 millions d'années (Crétacé supérieur). D'où le chiffre rond de 100 millions d'années souvent annoncé dans les articles de vulgarisation. Cette période correspond aussi à l'apparition des termites, fourmis et sauterelles.
Pour mieux situer les abeilles sur l'échelle du temps, et donc de l'évolution, rappelons que :
- La séparation entre la lignés du genre « Homo » et celle du genre « Pan » (chimpanzé) remonte à 5 ou 6 millions d'années
- Homo sapiens, (nom attribué aussi par Linné en 1758 à l'Homme moderne que nous sommes) est âgé de 0.25 millions d'année.
GENETIQUE
Le séquençage du génome d'Apis Mellifera s'est terminé en mars 2006. Il se décompose en 10157 gènes présentant 236 millions de paires de base regroupées en 16 paires de chromosomes.
Pour mémoire, notre génome (Homo sapiens) se decompose en 25000 gènes présentant 3 milliards de paires de base regroupées en 23 paires de chromosomes.
Ce séquençage a mis en évidence l'importance de l'odora chez l'abeille : 163 gènes sont liés à l'odora (62 chez la drosophile) mais seulement 10 gènes sont liés au goût (68 chez la drosophile).
La surprise majeure de ce séquençage a été de découvrir que les gènes d'Apis Mellifera impliqués dans la gestion des rythmes circadiens sont plus proche des gènes des mammifères que de ceux des autres insectes. L'abeille aurait dont une mesure du temps plus précise que les autres insectes. Ceci est peut être à mettre en corrélation avec son sens de l'orientation basé sur la position du soleil.